LE PROJET ÉDUCATIF

Le projet éducatif tel que défini par le pouvoir organisateur a pour fonction de décrire ce que l’ensemble de la Communauté éducative doit chercher à réaliser dans les écoles. C’est un idéal à atteindre, un texte de référence qui veut entretenir des questions et garder les acteurs de l’école en éveil.

Notre souhait est qu’au travers des projets d’établissement s’en inspirent, ce projet éducatif mette chacun de nous en mouvement, et qu’il puisse servir de référence pour évaluer notre action.

1 – Qui sommes-nous?

Le pouvoir organisateur ELMA est une association sans but lucratif organisatrice d’enseignement. A ce titre, nous organisons aujourd’hui l’enseignement dans 7 écoles à Marche:

  • 4 écoles fondamentales (classes maternelles et primaires): l’Institut Notre-Dame et l’Institut Saint-Martin à Marche, l’Institut Saint-Remacle à Aye, l’Institut Saint-Antoine à Marloie
  • 3 écoles secondaires: l’Institut Sainte-Julie (1er degré d’observation autonome), l’Institut Saint-Laurent (enseignement général 2e & 3e degrés) et l’Institut Saint-Roch (enseignement technique et professionnel 2e & 3e degrés, auquel s’adjoint un Centre de Formation en Alternance).

Succédant aux anciens pouvoirs organisateurs qui organisaient les Instituts Notre-Dame et Saint-Remacle à Marche depuis de nombreuses années, nous voulons partager l’expérience acquise lors de ce riche passé et assumer cet héritage non comme une inertie mais dans un esprit de « fidélité créatrice ».

Responsables des moyens qui sont affectés à l’école, le PO est aussi le garant du projet, et à ce titre nous réaffirmons l’inspiration chrétienne de nos écoles et nous disons explicitement que l’ensemble de notre projet – car nous sommes convaincus de l’unité de la formation humaine et de la formation spirituelle – est sous-tendu par l’Évangile et par la référence à la personne de Jésus-Christ, vivant au milieu de nous.

2 – Que faisons-nous?

Notre mission est d’abord de rendre aux jeunes un service de formation et d’éducation. A ce titre, nous assumons, dans une démarche de qualité, les objectifs généraux de l’enseignement, à savoir:

Un objectif humaniste: assurer le développement de la personne de chacun des élèves, leur donner confiance en eux.

Un objectif d’apprentissage: éveiller la curiosité, le goût d’apprendre mais aussi la rigueur nécessaire pour amener les élèves et les étudiants à s’approprier des savoirs et acquérir des compétences qui les rendent aptes à apprendre toute leur vie et prendre une place active dans la vie économique, sociale et culturelle. Une bonne formation et une bonne éducation requièrent des exigences, tant de la part des étudiants que du personnel d’éducation et d’enseignement. Apprendre n’est pas écraser: nous voulons éduquer à la coopération plutôt qu’à la compétition: les uns avec les autres, grâce aux autres, et non les uns contre les autres.

Un objectif d’ouverture culturelle: acquérir un regard positif, qui fasse grandir, pour s’ouvrir à la culture mais aussi, s’enrichissant au contact des autres dans la réalité du quotidien, faire l’apprentissage de la différence et s’ouvrir à d’autres, culturellement différents.

Un objectif de formation à la citoyenneté responsable: acquérir un esprit critique et l’exercer à l’analyse lucide des questions qui se posent, apprendre à vivre sa liberté de façon responsable, avoir la volonté et le courage d’accepter des responsabilités, de s’engager, c’est-à-dire aussi d’apprendre à aimer.

Un objectif de solidarité: dans le souci d’assurer à chacun des chances égales d’émancipation sociale, porter une attention particulière aux plus faibles, aux plus démunis.

3 – Comment faisons-nous?

Si l’école chrétienne doit assurer un bon service de formation et d’éducation, elle se doit encore de ne pas le faire n’importe comment.

Notre projet est sous-tendu par l’Évangile. L’éducation aux valeurs que nous voulons affirmer n’est pas théorique mais s’inscrit dans une relation d’ordre personnel avec Jésus-Christ. L’école doit donc être un lieu où la Bonne Nouvelle peut retentir et elle doit offrir des lieux et des temps de ressourcement, d’expérience spirituelle, de célébration et de partage où chacun, où qu’il se trouve sur le chemin, et dans le plus grand respect de ses convictions et de son itinéraire personnel, puisse progresser dans sa recherche de foi et de sens de son existence.

Nous avons par ailleurs la conviction que l’éducation aux valeurs n’est convaincante que si celle-ci est effectivement vécue dans l’école entre les différentes composantes de la Communauté éducative, d’une façon digne et dans le respect des personnes, et ce dans la réalité du quotidien.

Plusieurs valeurs nous paraissent pouvoir être mises en lumière comme essentielles au projet d’une école chrétienne. Ainsi, et en résonance avec ce qui précède, nous voulons promouvoir dans nos écoles:

  • des femmes et des hommes autonomes, capables, progressivement, de se prendre en charge, sachant que sera respecté leur droit à l’expérience et à l’erreur et que sera favorisée la prise de conscience positive de soi-même et de ses capacités.
  • des femmes et des hommes ouverts et solidaires, reconnus dans leurs différences et soutenus dans leur projet de réussite et donc capables de confiance en eux-mêmes, sans suffisance, mais aussi ouverts à la différence et confiants dans les possibilités de chacun, et ainsi capables, par une écoute réellement attentive quoique lucide, de faire un pas vers l’autre et de se montrer solidaires, de façon responsable.
  • des femmes et des hommes créatifs, généreux et respectueux des autres, capables de prendre des initiatives, capables de donner de leur temps et de payer de leur personne, capables d’accepter voire d’accueillir l’autre, différent, en ayant le souci de la non-violence, capables encore de pardonner.
  • des femmes et des hommes capables d’intériorité, en recherche de sens pour leur vie, dans le plus grand respect de la liberté de conscience de chacun.
  • des femmes et des hommes vrais et libres, c’est-à-dire épanouis, capables de s’exprimer, de dialoguer et d’assumer leurs actes dans le souci de la vérité, capables aussi d’accepter des règles de vie en commun qui permettent à chacun, sans violence, d’exercer positivement sa liberté.

4 – Avec qui le faisons-nous?

Tous les membres de la Communauté éducative doivent en assumer une part, chacun selon ses responsabilités et ses compétences: élèves et étudiants, parents, membres du personnel et directions, organisateurs de l’école, tous liés par un projet commun qui implique une volonté de communication, de concertation et de transparence.

Ceci étant, et dans une grande ouverture à ceux qui veulent faire un bout de chemin dans la communauté scolaire, il est clair que chacun de ceux qui participent au projet de l’école doit reconnaître ce projet et donc accepter celui-ci et les valeurs qui le sous-tendent, et chercher à y collaborer loyalement.

Les élèves et étudiants sont les acteurs de leur formation. L’école ne peut se réduire à une simple transmission des connaissances: elle doit apprendre aux élèves, aux étudiants, à construire leurs savoirs. Avec l’aide de leurs professeurs et éducateurs, élèves et étudiants formulent et construisent peu à peu leur projet personnel.

Les parents — ou celles et ceux qui les remplacent — sont les premiers éducateurs de leurs enfants. Nous voulons dire l’importance de la famille dans la tâche d’éducation et d’épanouissement des jeunes et nous voulons aussi souligner le lien qui unit l’école et les familles. C’est en collaboration avec elles et nullement en se substituant à elles que l’école peut — et veut — pleinement remplir ses missions. Les parents, individuellement ou au travers d’associations de parents, sont invités à prendre pleinement part à la vie de l’école.

Les membres du personnel d’enseignement ou d’éducation prennent évidemment un rôle et une place indispensables. Rien ne se fait non plus sans les femmes et les hommes qui, chaque jour, rencontrent les jeunes dans leurs réalités, aux prises avec leur projet de vie et d’apprentissage, sans les professionnels de l’école qui apportent savoir et savoir-faire dans la maîtrise des apprentissages et dans la pratique quotidienne de la vie commune. Pour poursuivre ensemble une action cohérente, ils ont à cœur de faire vivre, dans leurs propos, leurs attitudes, leurs modes de relation, l’esprit qui anime ce projet.

Les directions animent les équipes pédagogiques pour que les projets éducatif et pédagogique se réalisent dans leur école. C’est l’autorité découlant de leur compétence, de leur crédibilité professionnelle et de leur capacité à mobiliser les partenaires dans une vision commune qui garantira des écoles de qualité. Ils soutiendront activement une équipe pastorale, chargée, sans exclusivité et sans que tout repose sur elle, d’animer le projet chrétien de l’école.

Les organisateurs de l’école, garants d’un projet d’éducation chrétienne, doivent rendre compte à la société de leur action et des moyens qui y sont affectés.

5 – En guise de conclusion

Chacun, dans la Communauté scolaire, a une voix à faire entendre, une place à prendre, dans une grande liberté qui respecte à la fois les personnes et le projet.

Il appartient maintenant à chaque école, au travers du projet d’établissement concerté au sein du conseil de participation avec l’ensemble des partenaires, de faire entendre sa voix, sa sensibilité propre en fonction notamment de la population scolaire qu’elle accueille et des spécificités de l’enseignement qu’elle propose. De faire entendre sa voix, mais aussi de se mettre en mouvement, et d’ainsi progresser dans le projet, en confrontant sans cesse le dire et le faire.

« Toute référence à un modèle élève les uns, abaisse les autres. Il faut renoncer à comparer les hommes entre eux. La comparaison écrase. En valorisant les uns, elle désespère les autres. Seule la reconnaissance des différences donne à chacun une chance d’exister ».